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| Plaisir des Sens |
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Si les phénomènes
complexes qui contribuent à ces heureux mécanismes
de l'effervescence et de la mousse ne sont pas à ce jour
parfaitement élucidés, ils contribuent très
largement à la fascination des consommateurs pour les vins
effervescents. |
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Les vins effervescents sont les seuls qui peuvent se prévaloir
de posséder une composante sonore. Elle est tout d'abord
violente lors de l'ouverture de la bouteille, puis décroissante
avec le versement, pour devenir charmeuse et discrète lorsque
la mousse s'établit. |
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Avec un appareil d'enregistrement de qualité, il est possible d'enregistrer le son du bouchon qui saute, celui du champagne versé dans une flûte, et de sa mousse légère. En digitalisant ces sons, et après de multiples calculs, on obtient une image qui permet d'observer de quelle façon les fréquences du signal acoustique évoluent successivement de façon très variée.
Avec la plupart des autres vins ce phénomène est extrêmement éphémère et la qualité du verre intervient peu. Avec le champagne au contraire, l'évolution des sons dure plusieurs dizaines de secondes, la formation des bulles, puis leur accumulation en fin cordon de mousse en surface et surtout leur remplacement par d'incessantes nouvelles arrivées, varient selon la qualité de la surface du verre ou du cristal.
Pour un même champagne, les enregistrements sonores sont très différents selon le type de verre utilisé.
La vue
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Les
phénomènes de l'effervescence et de la mousse ont
été largement décrits dans notre revue et dans
la plaquette réalisée par le Service Communication
du CIVC sur "L'effervescence" dans la série des
"Clés des vins de Champagne". |
À l'aide d'un verre spécialement traité et nettoyé, Bertrand Robillard parvient à montrer que sans sites de nucléation il n'y a pas d'effervescence, donc pas de mousse. Tant que ces sites de nucléation sont présents et actifs, ils génèrent des bulles successives, formant un train de bulles. Un site de nucléation produit ainsi 10 à 20 bulles par seconde et on observe généralement quelques trains à quelques dizaines de trains de bulles dans un verre. Les bulles montent dans le verre sous l'effet de la poussée d'Archimède. Au cours de leur ascension, leurs diamètres augmentent car du gaz carbonique diffuse du vin vers la bulle qui, de ce fait, grossit. Ces bulles alimentent la mousse qui se forme à la surface du vin. L'arrivée d'une bulle en surface constitue un moment clé de la vie de cette bulle. En effet à la surface, deux choses peuvent arriver à cette bulle : elle peut se dégonfler ou le film liquide qui la sépare de l'air peut éclater. L'éclatement des bulles à leur arrivée à la surface du verre provoque l'éjection, à plusieurs centimètres, de fines gouttelettes de vin. A l'inverse d'une boisson comme la limonade où les bulles éclatent très vite, la surface d'un champagne contient des macromolécules dites amphyphiles. Ces grosses molécules ont des parties œnophiles qui « aiment bien » le vin et d'autres parties œnophobes qui préfèrent être au contact du gaz. Ces molécules présentes à l'interface vin-air, stabilisent la mousse dans la mesure où elles ralentissent, voire empêchent leur dégonflement mais aussi leur explosion.
Roger Douillard a pu ainsi montrer devant les caméras qu'un vin enrichi en macromolécules, par ultrafiltration, a une tenue de mousse bien supérieure au même vin appauvri en ces mêmes macromolécules. Les bulles qui se maintiennent à la surface du verre migrent ensuite vers le bord du verre, car elles ont tendance à s'associer puis à se coller contre la paroi du verre pour former la collerette. Mais cet équilibre est très instable. Bertrand Robillard illustre l'effet dévastateur que peuvent avoir le rouge à lèvres ou les produits de rinçage des lave-vaisselle sur la tenue de mousse d'un champagne. Cependant, lorsqu'un consommateur observe un verre de champagne il ne perçoit pas nécessairement toute la complexité de ces phénomènes. Par contre, il éprouve toujours une certaine fascination en regardant ces mouvements maintes fois répétés dans le verre. Cette fascination est tout à fait comparable à celle exercée par les flammes dans une cheminée. |
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Le gaz carbonique apporte sur l'odorat et le goût une contribution non négligeable. Il faut cependant reconnaître que peu de travaux ont été consacrés à l'influence du gaz carbonique sur les perceptions sensorielles d'un produit. On sait cependant que la sphère buccale occupe une place très importante dans la zone consciente de notre cerveau. Lorsqu'un produit effervescent est mis en bouche, il apporte une stimulation très forte. Le gaz carbonique agit de deux manières, au début son action est plutôt mécanique et instantanée comme une petite piqûre, puis elle se prolonge par un effet chimique du gaz carbonique. Or le gaz carbonique est un stimulus des fibres de la douleur, le contraire du plaisir. |
Il faut donc être vigilant pour que les bulles ne soient pas trop présentes, qu'elles provoquent un picotement mais sans atteindre la brûlure. Des travaux sont en cours actuellement pour tenter de comprendre ces mécanismes et expliquer pourquoi à concentration égale en gaz carbonique certains vins ont une effervescence agressive, explosive, alors que pour d'autres elle est plus douce, plus caressante et s'harmonise mieux avec les autres stimulations sensorielles apportées par le vin.

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